L’intelligence collective, un enjeu pour l’événementiel de demain

La double crise sanitaire et économique actuelle nécessite d’innover et de s’engager ensemble pour reconstruire. Rien ne se fera sans intelligence collective. Et l’événement est la plateforme par excellence de l’expression du « co ». À condition d’être incarné.

Après la crise, faire vivre des tables rondes

Le monde traverse aujourd’hui une crise sans précédent, non seulement sanitaire et économique, mais aussi certainement civilisationnelle, au sens de Kant (la civilisation est un art de vivre). Si l’individu a été porté aux nues par le système néolibéral, qu’en sera-t-il demain, quand la moitié de l’humanité aujourd’hui confinée, retrouvera la liberté ? N’y aura-t-il pas une accélération voire une explosion du besoin de (re)nouer des relations fortes, de faire cause commune, de (re)trouver un état d’esprit et un art de vivre qui nous pousseront à intégrer de multitudes de tables rondes, en fait des communautés de destin, qui auront des objectifs communs? On peut l’espérer et on peut le souhaiter. Car il va falloir reconstruire et reconstruire différemment, en premier lieu une économie en faillite. Et là, toutes les énergies, toutes les intelligences sont attendues.

Produire du neuf

Demander une contribution à tous n’est pas facile et impose un certain nombre de règles qui sont très bien décrites dans la tribune de Stanislas Hoquet : droit à l’échec, bienveillance, rejet du recours excessif au « co »… Dans ces conditions, l’intelligence collective sait produire du neuf. Une autre condition réside dans la qualité des personnes réunies autour de la table. Soit, les individus rassemblés sont sélectionnés, voire cooptés, et on encadre plus ou moins la réflexion. Soit les groupes ne sont pas constitués en amont, auquel cas, on donne une part de hasard plus grande au résultat.

Incarner l’intelligence collective

Dans, tous les cas, on ne peut pas demander une participation active sans rendre compte. Et qui dit rendre compte, dit qu’il y a de fait un responsable, un chef, un leader, un patron… Qui doit être l’incarnation du travail collectif. C’est essentiel.  Si l’événement, qui s’appuie sur le « co », n’est pas incarné, son succès est loin d’être garanti. Pis, il aboutira à une désillusion chez les parties prenantes.

Alors oui, à l’intelligence collective, si elle est portée, engagée et incarnée et si elle respecte toutes les parties prenantes.